Cet art qui nous veut du bien et coule les chansons


« Les minorités l’exigeaient.e, le gouvernement l’a fait.e : la CGR vient d’être mise en place. CGR ? La Commission de la grande réécriture. Avec la rigueur scientifique qui caractérise le progressisme contemporain.e, la dite commission a limité.e sa mission à la période postérieur.e à 1492. 

En effet, comme l’a récemment rappelé la CPHD (Commission pour une Histoire diverse) à la CEMSI (Commission d’élaboration des manuels scolaires inclusifs) : avant la colonisation et la déportation triangulaire, matrices du capitalisme et du réchauffement climatique, la langue est encore innocent.e des péchés qui vont ensuit.e la transformer en agent décisif du RSF (Racisme systémique français)

Cert.es, les chiffres du ministère de l’APC (Alphabétisation participative et citoyenne) indique que 80 % des lecteurices rejettent l’idée de lire un.e auteur.isse mort.e. Mais conviendrait-il que les 20 % restants soient offensé.e.s sans que justice soit rendu.e ? 

Aucun.e citoyen.e responsable et engagé.e1 ne saurait l’accepter. Toutes les œuvres de la littérature française feront donc l’objet.e d’une relecture attentive et d’une réécriture éclairée afin d’en modifier ou supprimer tout.e.s passage.s potentiellement offensant.e.s. La conservation des éditions antérieures fera désormais l’objet.e de poursuites pénal.e.s. ».

Radio Nouvelle France, 20/03/2038

Bon, certes, ceci n’est qu’un canular d’anticipation. Mais on file droit vers cette absurdie, écriture inclusive délirante comprise (si l’on peut dire). Toujours prompte à s’émouvoir devant la générosité incroyable de la diversité et à tenir son public informé des derniers développements importants de l’actualité, la presse française nous apprend que des personnes handicapées ont été terriblement offensées par l’utilisation d’un terme ressenti comme péjoratif à leur égard dans le dernier album de Beyoncé. Généreuse en diable, la bougresse aux 450 millions de dollars s’est immédiatement engagée à réécrire la chanson. Histoire, sans doute, de faire repartir un peu les ventes de ses mémoires fumeuses, Monica Lewinsky en a profité : elle a aussi demandé à Beyoncé de supprimer un passage de chanson qui la mentionnait.

Sans prendre la défense d’une dame qui a fait fortune en vendant du sirop avec une belle voix, on a quand même envie de dire stop : pitié pour elle. Et, plus généralement, pitié pour tous les créateurs ! Si tout un chacun commence à mettre son grain de sel dans l’art sous prétexte d’inclusion, on va rapidement exclure le talent. L’ambiance va devenir plus soviétique encore et mon canular ne fera plus rire personne.

1 - Nouvelle dénomination pour « gauchiste » (NDR)

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